Je croyais que vieillir…
Craignant chaque saison, les années, le tapage,
le grand vent et la pluie, l'esprit qui se dégrade,
je croyais que vieillir me rendrait bien maussade,
les cheveux clairsemés, les rides au visage.
Et puis je m'aperçois que vieillir n'a pas d'âge,
qu'il ne faut point gémir, au contraire chanter,
et même à petits pas les jours ont l'avantage
d'être beaux et trop courts quand ils sont limités.
Je croyais que vieillir c'était le ciel tout gris,
le printemps sans les fleurs, les lèvres sans sourire,
les fêtes sans chansons, les arbres rabougris,
un livre sans histoires, un crayon sans écrire.
Et puis je m'aperçois que vieillir rend bien sage,
que je vis chaque instant sans penser à demain,
que je ne compte plus les années de mon âge,
peu importe le temps, le crayon à la main.
Je croyais que vieillir transformerait mon âme,
que je ne saurais plus contempler les étoiles,
que mon coeur endurci n'aurait plus cette flamme
qui transforme la vie lorsque le ciel se voile.
Et puis je m'aperçois que les plus belles roses
fleurissent à l'automne, et sous mes yeux ravis,
je respire très fort ce doux parfum que j'ose
garder pour embaumer l'automne de ma vie.
Auteur inconnu